Goliathus-Goliatus
Il y a plus de choses dans le ciel (nouvelle)

Il y a plus de choses dans le ciel (nouvelle)

Goliathus

Synopsis

Ma nouvelle de science-fiction figure en page 73 du N°33 de la Revue SQUEEZE qui vient de paraître (Juin 2025).

Synopsis

Élevée à la Monade de l’Étonnement, dans un lieu suspendu entre ciel et vide, une élue parmi quatre-vingt-quatre postulantes entame une formation mystérieuse, rigoureusement encadrée mais opaque. Ce haut lieu du savoir, isolé du monde, semble conçu pour révéler les esprits les plus brillants… ou les briser.

Mais derrière la rigueur académique et les silences pesants, une étrangeté se glisse peu à peu : une rumeur insidieuse, une solitude croissante, une anomalie céleste. La narratrice, à la fois lucide et vulnérable, nous entraîne dans un récit d’éveil où chaque détail, chaque étoile, pourrait bien contenir une vérité plus vaste que tout ce que l’on croyait connaître.

Dans un style dense et raffiné, mêlant science, mythes anciens et introspection sensorielle, cette œuvre interroge les limites de la connaissance, le sens de l’identité et le prix de l’élévation. À travers des descriptions d’une grande richesse poétique et une tension subtile mais constante, Il y a plus de choses dans le ciel explore la frontière mouvante entre réalité et illusion, entre l’intime et l’infini.

Genèse

Ma nouvelle est l'un des textes sélectionnés dans le cadre de l'appel  à textes de la Revue Squeeze pour le numéro 33 sur le thème "Isolé".

J'y rends hommage à deux géants de la littérature: 

Robert Silverberg (1935 - ) romancier et nouvelliste américain, auteur en 71 du roman d'anticipation Les Monades urbaines (The World Inside)

William Shakespeare (1564 - 1616) poète et dramaturge anglais, auteur de Hamlet (The Tragedy of Hamlet, Prince of Denmark),qui m'a inspiré le titre de ma nouvelle. 

Extrait

L'hyper-cime

Nous étions quatre-vingt-quatre, comme le nombre d’éléments primordiaux de la table de Julia Lermontova ; quatre-vingt-quatre postulantes choisies parmi les esprits les plus brillants de nos communautés respectives et réunies ici, dans l’amphithéâtre de la Monade de l’Étonnement consacrée à la quête du savoir. Aucune de nous ne nous étions croisées auparavant, bien que nous ayons participé à des recherches communes. 

Pendant les semaines d’acclimatation à l’atmosphère et la gravité singulières de l’hyper-cime, nous avions joui de privilèges dépassant l’entendement : une alcôve à soi, spacieuse, cossue, de l’eau à profusion et le droit de respirer un air pur ; depuis ma coursive extérieure, j’avais contemplé la courbure du nuage épousant celle de notre invisible planète, sept kilomètres plus bas ; j’avais assisté pour la première fois de ma vie au lever du jour, quoiqu’une vague impression de déjà-vu l’ait entaché ; la nuit, au-dessus de ma tête, une immense créature lactescente étirait son bras sur la surface d’un lac sombre où nageaient des astres par milliards ; je connaissais les mythes attachés aux constellations ainsi que la mécanique précise de leurs mouvements. 

Un simple parapet de Plexiglas me séparait du vide, qu’il aurait été aisé d’enjamber, et je m’étais demandé s’il ne s’agissait pas là d’un test ultime de résistance à l’appel du vide ; les plus faibles d’entre nous, incapables de supporter une telle ascension, au sens littéral comme au figuré, pouvaient décider de revenir au sol élémentaire, de renoncer à la vie haute. Car nous savions qu’une fois élevées aux étages clarifiés, loin au-dessus du nuage moléculaire, nous ne serions plus autorisées à vivre dans les biodômes de la surface, une contrée désormais inconnue vers laquelle nulle voyageuse jamais ne retourne. 

Maintes vérités de l’hyper-cime, pensais-je, devaient représenter un fléau pour celles d’en bas, que l’émotion de l’étonnement eût accablées.