Ma nouvelle "La fascination de l'écrou" vient de paraître en page 27 d"un numéro 101 de la belle et exigeante revue littéraire L'Encrier renversé.
Quelle bonheur de participer à cette revue pour la toute première fois.
Cette nouvelle est dédiée à ma soeur, Sykelgaite, ma complice et une inspiration pour nombre de mes personnages de femmes sur les épaules desquelles repose tout l'ordre du monde.
Il suffirait qu"un seul écrou se dévisse...
Ma nouvelle rend également un hommage appuyé à Virginia Woolf.
Retrouverez-vous tous ses personnages et romans cachés dans mon texte?
Clarissa, professeure de mathématiques, vit dans une maison aux lignes géométriques, où chaque objet, chaque angle, semble obéir à une logique implacable. Le mardi, jour sans cours ni famille, est son refuge : un espace-temps où elle peut enfin maîtriser l’ordre des choses, rayer méthodiquement les tâches de sa liste, et contempler, depuis sa cuisine baignée de lumière, une perspective presque euclidienne. Mais sous cette apparence de contrôle, couve une angoisse sourde, héritée des silences et des drames familiaux, des femmes avant elle qui ont basculé dans l’oubli ou la folie.
Ce jour-là, une tâche anodine — refixer la lunette des toilettes — devient le symbole d’une lutte bien plus grande. L’écrou qui refuse de se serrer, la clé qui échappe, la verrière qui explose : chaque détail défaillant menace de faire vaciller l’équilibre fragile de son univers. Clarissa, femme moderne en apparence sereine, se débat avec les attentes invisibles qui pèsent sur elle, ces « rouages » domestiques qu’elle maintient seule, sans reconnaissance, sans question.
Autour d’elle, les ombres des héroïnes de Virginia Woolf — dont les noms et les échos littéraires parsèment le récit — rappellent que la quête d’un espace à soi, d’une « chambre à soi », est aussi ancienne qu’inachevée.
Entre géométrie et chaos, entre héritage et rébellion, Clarissa affronte une journée où chaque geste compte.
Car si l’écrou lâche, si la liste n’est pas cochée, si les nombres premiers ne suffisent plus à la rassurer… que reste-t-il ? Une maison en miettes, une folie familiale qui rôde, ou la possibilité, enfin, de laisser éclater ce qui doit l’être ?